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La Justice à l’image de son porte parole ? Un pro de la politique recasé à l’insu de son plein gré…

14/12/2016
En août dernier, Pierre Januel a quitté ses fonctions à l’Assemblée nationale auprès du groupe écologiste pour devenir porte-parole du ministère de la Justice. Et laissé derrière lui ses engagements militants comme sa réputation de trublion.

 

Il est toujours sain de ne pas rester trop longtemps dans la politique », assure Pierre Januel, nommé en août porte-parole du ministère de la Justice, pour remplacer Olivier Pedro- José devenu chargé de mission au secrétariat général pour la même institution. La politique, ce diplômé de l’IEP d’Aix-en-Provence, y est entré par la grande porte voilà 8 ans. En rejoignant les Verts, ce fils d’enseignants socialistes devient chef de cabinet du futur parti écologiste dirigé par Cécile Duflot ; il l’assiste dans ses missions. Le désormais trentenaire considère que le PS n’a alors pas de « vraie réflexion » sur les questions de justice, celles qui l’intéressent en particulier, comme il l’expliquera dans une interview donnée à Rue89 fin 2015. « Mon poste actuel m’a contraint à arrêter mes engagements militants mais c’était un souhait, la volonté de tourner une page », précise-t-il immédiatement.

En mai dernier, le collaborateur, chargé du suivi de la commission des lois pour les écologistes à l’Assemblée nationale depuis 2012, apprend, après la dissolution du groupe, son licenciement via twitter, outil par lequel il s’est fait connaître des initiés du Parlement et des arcanes de la Justice. « Cela me permettait de donner une visibilité au travail législatif qui est très méconnu », souligne-t-il, reconnaissant néanmoins que « sur twitter, tout le monde joue un rôle ». À l’époque, il tient celui d’agitateur utile pour les écologistes postant jusqu’à 50 tweets quotidiens en écho aux incohérences du Gouvernement et manœuvres partisanes, tout en relayant certains débats et rétablissant certaines vérités factuelles. C’est lui notamment qui surprend la députée Valérie Boyer en plein plagiat sur Wikipedia pour rédiger sa loi sur la reconnaissance du génocide assyrien. Dans la solitude de son bureau, la réactivité est son point fort : «l’avantage d’être dans un petit groupe c’est qu’on est très souple. C’était une structure très légère, les validations étaient assez faciles à obtenir. On faisait beaucoup de sous-amendements, ils étaient assez redoutables », s’amuse-t-il aujourd’hui. Passionné et travailleur, il a également tenu le blog « Les cuisines de l’Assemblée » avec un assistant de député LR. L’enjeu : « expliquer le droit parlementaire de manière non partisane puisque les règles, extrêmement fortes, s’appliquent à tous ». De cette époque il garde le souvenir de « beaux débats parlementaires » et de « belles lois » auxquelles il a pu s’intéresser grâce à l’implication des députés de son groupe. Et d’évoquer celles sur la transparence, le numérique ou encore la réforme pénale et le mariage pour tous dont l’abrogation ou la modification est promise par certains candidats à la présidentielle. « Il faut voir concrètement ce que cela signifie mais je vois mal comment on reviendra en arrière », commente le porte-parole.

À présent, sa communication sur les réseaux sociaux et avec les médias n’est plus politique mais institutionnelle. À la Chancellerie, Pierre Januel a trouvé la place qu’il souhaitait, bien qu’il avoue ne jamais avoir eu de « plan de carrière » : « c’est un ministère qui traite de sujets qui m’intéressent depuis longtemps ». Selon lui, la Justice demeure une « belle institution » souvent « mal comprise ». « On lui reproche tout et son contraire, souligne-t-il. D’être trop laxiste puis d’être trop sévère, de juger trop vite puis trop lentement. On est très vite dans le jugement immédiat ». Sur les réactions populaires face aux affaires en cours, il n’en dira pas plus, devoir de réserve oblige. Désormais Lillois, ce père de famille de 33 ans ne se projette pas encore dans l’après-présidentielle 2017. La politique ? « Ce n’est pas un objectif ». Une possibilité, peut-être.

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Anaïs Coignac

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