Notre combat…avec le point.

Dans notre bonne ville de Pontet (Vaucluse) des partisans de Monsieur ERDOGAN président Turc ont déchiré des affiches publicitaires de la revue le point se livrant ainsi à un autodafé de triste mémoire.

Nous n’imaginerions pas faire la même chose  en Turquie, aller déchirer et exiger que l’on retira les affiches assassines sur N.SARKOZY ou F.HOLLANDE.

La génération qui est la mienne ne pensait pas devoir un jour revenir sur des acquis qui lui semblaient de plus devoir être mis en cause. La liberté de penser à peu prés ce que l’on veut, le droit au blasphème, le droit de s’embrasser dans la rue, de se baigner dans la même piscine avec une femme etc.

Il y avait bien ça et la des esprits chagrins mais ils étaient anecdotiques voire risibles. Ceux de ma génération se souviendront des propos du  Maire de Tour Jean ROYER caricaturé par Marcel GOTLIB qui nous faisait tant rire.

La Religion nous passait au dessus de la tête, nous faisions notre communion et puis l’église, nous la fréquentions pour les baptêmes, les mariages et les enterrements.

Les attentats existaient, nous avons connus septembre noir, les brigades rouges, la bande à Baader, Carlos et sans doute d’autres que j’ai oublié mais à aucun moment notre manière de vivre ne fut en cause même s’il  y avait certains signes précurseurs que nous n’interprétions pas.

Nous avions l’impression qu’il s’agissait d’exceptions infimes.

Pour tout dire élevé avec CABUS et son grand Duduche que je lisais dans Pilote (matin quel journal !) je n’imaginais pas que des excités presque 50 ans après iraient le tuer sauvagement au motif qu’il avait (avec d’autres) insulté le prophète.

Notre actuel défit est tout autre.

Un monde,une manière de vivre, d’envisager les rapports entre les citoyens, une civilisation pour tout dire veut remplacer sur son sol celle qui existe depuis des siècles avec ses habitudes, ses modes de vie et sa culture.

Et ça coince.

Ne pas imaginer que nous risquons à force de céder sur tous les terrains d’y perdre notre liberté est à proprement parler criminel. Il faut commencer à demander des comptes à nos gouvernants.

Nous sommes cependant enfermés dans un dilemme paradoxal particulièrement infernal.

Nous comprenons que nos valeurs constituent l’arme utilisée par nos adversaires pour nous anéantir.

Les moyens sont multiples,

La liberté individuelle sous toutes ses formes (à une exception) est utilisée pour saper la société que nous avons construit.

La manière de se vêtir, celle de manger, la manière de parler, la manière de voir l’autre, la manière de se comporter avec l’autre sexe. Tout devient un combat le plus souvent judiciarisé.

Le port du voile dans les crèches (décision de la Cour de cassation),

Le port  du Burkini (décision du Conseil d’Etat),

Les Crèches dans les lieux publics (décisions des Tribunaux administratifs),

Sans parler des associations qui traquent devant les juridictions correctionnelles toutes déclarations qui à leurs yeux auraient des accents d’islamophobie.

Celui qui se plaint, qui s’interroge est invité à se taire au risque d’être taxé d’ ennemi de l’islam ou de réactionnaires et bien évidemment il sera  caricaturé à l’extrême voire condamné.

L’inquisition est programmée et gare à ceux qui s’en prennent aux idoles. On ne rigole pas chez ces gens là, on tue. La liste commence à être longue.

L’islamiste, le salafiste  n’aurait selon certains rien à voir avec l’islam. Pour autant on pourrait imaginer qu’il en est le bras armé.

Il y a dans toute armée en marche des éclaireurs, des voltigeurs qui ouvrent la voie, qui répandent une forme de terreur pour mater toute velléité de réaction.

La Révolution Française a commencé par couper des têtes pour finir par imposer le mode de vie qu’elle souhaitait imposer à travers le code civil de 1804.

L’islam conquérant commence par effrayer pour mieux imposer la charria.

Le parallèle est assez clair et tout spécialiste des sciences sociales pourrait le confirmer.

L’occident a eu  du mal a comprendre l’islam, les sunnites, les chiites. Le premier contact pour les « profanes » fut l’arrivée du fameux KHOMEINI dans le champ de vision.

Nous avons été persuadé de la légitimité de son combat tant la presse nous avait vendu un Shah d’Iran sanguinaire.

Nous aurions du nous méfier dés l’affaire des « versets sataniques » mais la encore nous étions ignares l’idée même de fatwa nous était totalement étrangère et qu’un imam (pour nous à l’époque, une sorte de prêtre) devienne Président de la République nous paraissait insensé.

Et puis nous nous disions qu’après tout c’était leur problème.

C’était l’époque de la guerre froide et nos regards se dirigeaient vers l’est où déjà l’URSS vacillait sur son socle.

Mais voilà, le problème à ce jour est très différent et tout notre logiciel de lecture doit être repris.

Reset total, mise à jour, formatage complet  de notre disque dur.

Il faut redéfinir les notions.

1-L’islam est il une religion comme nous l’entendons dans notre pays laique ?

Cela mérite une explication. Pour un musulman la femme est elle égale à l’homme ? La religion doit elle à ce point influencer la société qu’il faille imposer des repas « communautaires » ? Le port du voile dans l’espace public est il compatible avec nos principes Républicains lorsqu’il « dévoile » surtout  une opposition à ces principes ?

2-Qu’est ce que l’islamisme au regard de l’islam ?

Sa version la plus pure ? Un dévoiement ? une dérive condamnable ?

La question a du sens et elle se pose avec acuité à une époque où certains tuent au nom du djihad.

Quelle vision de l’islam doit prévaloir la plus récente, plus pure mais plus « hostile » ou celle plus ancienne, l’islam de la Mecque ou celui de Médine ?

Au fond la vraie question que l’on refuse de se poser est celle de la compatibilité de la démarche avec la règle Républicaine du vivre ensemble.

3- La République.

Le principe d’égalité républicaine est il ou non compatible avec certains principes qui existent clairement dans le coran (inégalité homme-femme,inégalité de traitement que l’on soit catholique, protestant,juif …)  la communauté (Oumma) doit elle ou non se soumettre à notre communauté nationale ?

Le principe de liberté qui préside à notre conception des libertés publiques notamment notre liberté de penser et de critiquer y compris le « prophète » n’est il pas mis à mal par celui qui empêche toute critique de la parole révélée.

Les plus « modérés » nous ont expliqué lors du massacre de la rédaction de Charlie que c’était triste mais que…

Voila le problème ce « mais » est inacceptable et c’est ce « mais » qui rend caduc la théorie de la différence qui existerait entre l’islam modéré et celui qui ne le serait pas.

Notre combat sans doute à venir se situe à ce niveau.

Définir plus précisément les concepts et notions,

Définir ce que nous voulons pour nos enfants,

Définir les moyens que nous voulons mettre en oeuvre pour faire prévaloir nos priorités,

Définir les efforts que nous sommes prêts à faire pour défendre nos libertés.

N’oublions pas que frappe à notre porte ERDOGAN qui entend redonner à l’islam conquérant une dimension  perdue depuis le traité de Sèvres

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